2021-04-07

Perry Rhodan 1 : Opération Astrée

Perry Rhodan est un héros d’une série de romans de science-fiction dont l’écriture - toujours en cours - a débuté en 1961 en Allemagne. Il s’agirait de la plus imposante œuvre de fiction de tous les temps. Elle ne compte pas moins de 2900 fascicules et se déploie sur plus de 40 cycles. Pour dire la vérité, et c’est sans doute un effet de la pandémie, je me sens attiré par les séries, comme celle des Bob Morane (230 titres), par exemple, dont j’ai entrepris la lecture par ordre de parution. Toutefois, la différence entre cette série et les autres c’est que Perry Rhodan constitue un seul et même roman, et non un regroupement d’épisodes n’ayant en commun qu’un héros. Bref, nous sommes en présence d’une histoire qui n’en finit pas… car elle n’est toujours pas terminée après soixante ans !

Je dois avouer que je n’ai jamais été un fan de science-fiction. Plus jeune (et encore  aujourd’hui, parfois), je lisais beaucoup de romans policiers et, depuis une vingtaine d’années, je me suis mis au fantastique, genre souvent associé à la S.-F. J’ai déjà rédigé une note de lecture sur la magnifique série L'Assassin royal de Robin Hobb). Récemment, j’ai lu Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, mais déjà nous nous éloignons un peu du genre… alors qu’avec la série des robots de Isaac Asimov, nous en sommes en plein cœur.  J’ai d’ailleurs particulièrement apprécié Face aux feux du ciel dont je viens de terminer la lecture. 

Mais revenons à Perry Rhodan, si vous le voulez bien. Opération Astrée est le premier roman de la série. En version traduite en français, il englobe les deux premiers fascicules de l’édition allemande de 1961. Je ne vous en ferai pas un résumé stricto sensu parce que vous en trouverez un excellent sur Wkipédia. Non, à chaque lecture, je vais plutôt vous communiquer des impressions. L’édition française compte 419 ouvrages, je crois. Vais-je passer au travers ? J’en doute… mais commençons déjà par le premier, si vous le voulez bien. Ce premier roman initie aussi le premier cycle -  La troisième force, qui compte 21 volumes et dont l’intrigue se déroule entre 1971 et 1984.

Il y a plusieurs choses qui me viennent à l’esprit à la lecture de ce premier Perry Rhodan. Premièrement, dans les premiers chapitres, on ne se sent pas vraiment dans une œuvre de science-fiction. En effet, on assiste au lancement d’un aéronef pour la lune, ce qui n’a plus rien de si extraordinaire compte tenu que l’exploit a déjà été réalisé par les Américains dans les années 1960. Au bord de la fusée, quatre hommes : le major Perry Rhodan, bien entendu, son acolyte Reginald Bull (Bully), Clark G. Flipper (Flip) et Éric Manoli, le médecin. Ce lancement dans l’espace s’accompagne d’une  profusion d’informations techniques dont nous gratifient les auteurs… Ça m’a laissé un peu froid, je dois avouer, et pendant un moment, j’ai bien failli abandonner la lecture de cet ouvrage plus destiné aux ingénieurs qu’aux littéraires…

Deuxièmement, si on sait peu de choses sur l’histoire personnelle des personnages, les auteurs ont su ajouter un brin d’humanité à ce quatuor d’astronautes. Par exemple, Flip a laissé sa femme enceinte sur la Terre et, visiblement, il s’en inquiète. Perry Rhodan aurait préféré qu’il ne participe pas à cette mission parce que cette inquiétude - qu’il comprend très bien - peut nuire à la réalisation de ses objectifs. Mais la décision a été prise à un échelon supérieur, et il doit s’en accommoder.

Troisièmement, ce premier roman ne prend sa dimension véritablement S.-F. qu’au huitième chapitre, lors de la rencontre, sur la lune où un brouillage des ondes empêche l’équipe de Perry Rhodan de communiquer avec la Terre, avec les représentants d’une civilisation avancée: les Arkonides. Les personnages de Krest, le directeur scientifique de l’astronef, et de Thora, la cheffe en titre du navire spatial, sont quasi caricaturaux. De même que les relations qu'ils tissent avec Perry Rhodan et son équipage. Mais ça n’empêche pas le lecteur d’adhérer à l’intrigue qui bascule dans une sorte d’imbroglio quand les trois puissances mondiales - la Russie, les États-Unis et la Fédération asiate (la Chine, plus ou moins) - essaient de récupérer les armes ultra sophistiquées que Perry Rhodan a ramenées de la Lune. Installé en plein désert de Gobi, il résiste aux pressions internationales parce qu’il ne souhaite pas que ces armes ne servent aux fins d’une seule nation. Et ce faisant, il accomplit ce que les Arkonides estiment une étape essentielle dans l’évolution de la Terre : l’abandon des conflits nationaux en faveur de l’instauration du gouvernement mondial. Ainsi, les Américains, les Russes et les Chinois deviendront tout simplement des Terriens. C’est du moins le souhait que formule Perry Rhodan en créant la Troisième force, l’État le plus petit du monde puisqu’il tient à un rayon de moins de dix kilomètres carrés protégé par un champ de force conçu par les Arkoniens.

Ce résumé souffre de nombreux raccourcis, je l'admets, mais je vous invite à lire ce premier volume pour vous faire votre propre idée. Fait cocasse à relever : les Arkonides sont une nation en dégénérescence parce que ses habitants passent leurs journées plantées devant l’écran d’un appareil portatif : le phantasmatographe. Cet appareil permet de jouer à des jeux qui s'apparentent à la réalité virtuelle… Ça vous rappelle quelque chose ? Inutile de vous rappeler que ce premier Perry Rhodan a été écrit en 1961… Dans le roman, le phantasmatographe rend les gens amorphes et, chose assez grave, mine leur volonté de vivre.

Bien entendu, ce premier roman ne connaît pas une fin proprement dite... Perry et son équipe tentent de sauver Krest qui se meurt de la leucémie. En échange, les Arkonides les aident à empêcher une guerre atomique susceptible de détruire la Terre. Malgré la simplicité de l’intrigue, je n’ai pu m’empêcher de dévorer les derniers chapitres, lisant même la nuit entre deux périodes de sommeil. Alors, je ne sais pas pour vous, mais moi je vais lire sans trop attendre le deuxième volume : La Terre a peur.

K.H. Scheer et Clark Carlton. Opération Astrée (Perry Rhodan 1), c1961, 1966 pour la traduction française.


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